Lexique de l’analyse littéraire

 

A

Actant (n m.). En linguistique, élément d'une Intrigue défini par rapport à une fonction précise. On dénombre 6 fonctions dont l'organisation s'appelle schéma actantiel (objet, sujet, destinataire, destinateur, opposant et adjuvant).

Action (n.f.)  Dans le récit, l'action désigne ce qu'accomplit un personnage. Au théâtre, le mot désigne le déroulement de ce qui se passe sur scène. Le théâtre classique imposait le respect de l'unité d'action (une seule intrigue essentielle pour une pièce).

Adjuvant (n.m.) : Dans le schéma actantiel (conte, roman, théâtre), élément (actant) qui aide à la réalisation de l'action.

Allégorie (n.f.) : Figure de rhétorique qui consiste à représenter de manière figurative et concrète (personnage, statue, objet) une notion abstraite. La statue de la Liberté est une allégorie.

Allitération (n.f.) : Répétition de plusieurs consonnes dans des mots ou expressions proches. L'allitération met en relief à travers les sons et crée parfois des harmonies imitatives.

Anagramme (n.f.) : Figure qui consiste à recomposer un mot avec les lettres d'un autre (Marie/Aimer). Les anagrammes servent souvent à composer des pseudonymes (François Rabelais/Alcofribas Nasier).

Anaphore (n.f.) : Figure de rhétorique qui consiste à reprendre un même mot ou un même groupe de mots en début de phrase ou de paragraphe. L'anaphore a un effet d'insistance par mise en relief d'une répétition obsessionnelle: Un homme est mort.

Antithèse (n.f.) : Figure d'opposition qui rapproche deux termes ou deux notions dont les sens sont contradictoires (nuit/jour, vie/mort, bien/mal, lumière/ obscurité).

Apologie (n.f.) : Discours faisant l'éloge d'une personne ou d'une notion. On dit " faire l'apologie" dans le sens de " faire l'éloge", " louer", " célébrer". L'adjectif qui correspond à ce terme est apologétique. Le mot apologie peut être remplacé par dithyrambe ou panégyrique.

Archétype (n.m.) : Exemple premier qui sert de modèle. On peut dire qu'Orphée est l'archétype du poète parce qu'il est le premier et que tous les autres font référence à lui et à sa capacité de charmer, d'enchanter.

Assonance (n.f.) : Ce terme a deux sens. Le premier désigne ce qui remplaçait les rimes dans les poèmes médiévaux, la reprise de la dernière voyelle accentuée des mots en fin de vers. Plus généralement, l'assonance est la reprise, dans des mots ou expressions proches, de la même voyelle.

Avatar (n.m.) : Transformation, métamorphose. Le mot désigne à l'origine les réincarnations successives du dieu hindou Vichnou.

 

B

Ballade (n.f.) : Poème à forme fixe dont la structure obéit à des contraintes très précises : elle comporte trois strophes de 7, 8 ou 10 vers, construites sur 3 ou 4 rimes seulement, le dernier vers de chaque strophe étant le même. Elle se termine par une demi-strophe appelée envoi. Cette forme médiévale a été reprise et adaptée par Victor Hugo.

Baroque (adj. et n.m.) : Formé sur le mot portugais barroco, qui signifie irrégulier et qui désignait des perles non travaillées. Ce terme désigne un courant littéraire et artistique qui commence vers 1580 et dure jusqu'en 1640 environ. Il est caractérisé par le mouvement, l'irrégularité, le sentiment du passage, l'incertitude.

Bienséance (n.f.) : Ensemble des conventions et des règles qu'il faut respecter pour se conformer aux usages d'un milieu ou d'une époque. Au XVIIe siècle, dans le contexte artistique, la bienséance regroupe les règles définissant les genres. Ne pas représenter la violence sur scène fait partie des bienséances.

Burlesque (adj. et n.m.) : Genre littéraire qui utilise un ton comique et vulgaire pour parler de personnages, de thèmes ou de situations élevés et nobles. Ainsi, reprendre de manière comique, familière, proche de la farce, les personnages d'une épopée, c'est les rendre burlesques. Ce genre a été surtout représenté au

XVIIe siècle (roman et poésie: Le Roman comique et Virgile travesti de Scarron).

 

c

Calligramme (n.m.) : Dessin fait à partir de mots disposés de manière significative. Le calligramme est construit à partir d'un texte dont la disposition typographique est en relation avec le thème traité. Existant depuis Rabelais, les calligrammes ont surtout été développés par Apollinaire (1918) (cf. le poème-image « La cravate et la montre » et de nombreux exemples à l’adresse suivante : http://www.google.com/search?q=la+cravate+et+la+montre+Apollinaire&hl=fr&client=firefox-a&hs=et1&sa=G&rls=org.mozilla:en-US:official&channel=s&prmd=ivns&tbm=isch&tbo=u&source=univ&ei=NbqUTdXDOY6csQOT2uzMBQ&ved=0CCMQsAQ&biw=1200&bih=635).

Catharsis (n.f.)  : Signifie étymologiquement "purge" ou "purification" et désigne une des fonctions attribuées traditionnellement au théâtre tragique : libérer le spectateur (le dramaturge aussi) de ses penchants pour des passions destructrices.

Cénacle (n.m.) : Nom donné au groupe des premiers poètes romantiques regroupés de 1823 à 1828 autour de Charles Nodier et comportant, entre autres, Victor Hugo et Alphonse de Lamartine.

Champ lexical (n.m.) : Ensemble de termes se rattachant à une même notion, à un même thème. Le champ lexical de la lumière peut regrouper les termes: éclairer, brillant, lampe, luminosité, soleil. Déterminer un champ lexical permet de trouver le thème et les orientations d'un texte.

Champ sémantique (n.m.) : Ensemble des sens d'un terme, tels qu'ils sont donnés par le dictionnaire.

Chute (n.f.) : Fin d'un texte (dernier vers d'un sonnet, par exemple) souvent très significative et travaillée pour produire certains effets (surprise, persuasion). On utilise aussi le terme pointe pour le sonnet.

Comédie-ballet (n.f.) : Pièce de théâtre qui comporte des parties chantées et dansées dans une mise en scène, des costumes et des décors spectaculaires, somptueux. Ce genre conjugue les talents d'un dramaturge et d'un compositeur, comme Molière et Lully au XVIIe siècle.

Commedia dell'arte (n.f.) : Expression italienne désignant un genre théâtral, venu d'Italie au XVIe siècle, dans lequel les personnages, stéréotypés par leurs costumes, leurs noms, leurs caractères et leur jeu (Arlequin, Pierrot, Colombine, Paillasse ... ), improvisent à partir de situations qui sont celles de la vie courante. Ce théâtre a beaucoup influencé Molière, Marivaux ainsi que de nombreux peintres.

Compilation (n.f.) : Regroupement d'extraits de textes littéraires, de morceaux musicaux, de chansons, etc.

Connotation (n.f.) : Différents sens que peut prendre un terme en fonction de son utilisation, du contexte, des intentions de celui qui l'emploie. On dira ainsi que le mot neige peut connoter la blancheur, les sports d'hiver, le froid, la légèreté.

Conte philosophique (n.m.) : Au conte traditionnel, qui est un récit merveilleux dont l'épilogue est en général heureux, le conte dit philosophique emprunte sa structure. Mais il change la tonalité et les objectifs. Il est critique et dénonce par le biais du récit. Il se situe ainsi dans une perspective polémique. Dans Candide, Voltaire fait vivre à son héros toutes sortes d'aventures, mais elles sont malheureuses et la fin ne relève pas du merveilleux.

 

D

Dadaïsme (n.m.) : Mouvement culturel contestataire né à Zurich vers 1916 à l'instigation du poète Tristan Tzara. Ce courant est lié à la Première Guerre mondiale et à de violentes réactions de refus, de dégoût devant son absurdité. Ont participé à ce mouvement des écrivains français comme Ph. Soupault, Aragon, Éluard, Breton. Le Surréalisme se situe dans la ligne du dadaïsme et lui succéda, sous des formes moins violentes.

Décadentisme (n.m.) : Mouvement poétique et artistique des années 1880 caractéripar le pessimisme et par une certaine forme de sespérance. Les poètes appartenant à ce courant sont dits décadents. Parmi eux, on peut citer: Laforgue, Cros, Moréas.

Déisme (n.m.) : Croyance en une divinité unique à qui l'on attribue la création du monde. Est déiste (par exemple, Voltaire) celui qui adre à cette croyance.

Démiurge (n.m.) : Créateur tout-puissant, qui peut s'apparenter à un dieu. On attribue souvent un pouvoir démiurgique aux poètes et aux écrivains.

Despotisme éclairé (n.m.) : Expression, largement utilisée au XVIIIe siècle, désignant une forme de gouvernement prôné par les philosophes, mais n'ayant jamais été appliqué. Ce type de gouvernement serait dirigé par un monarque, lui-même " éclairé" par les lumières de la raison, et soucieux du bonheur de ses sujets. Son pouvoir serait tempépar l'existence de chambres constituées de membres élus. Le despotisme éclairé s'apparenterait ainsi à une monarchie constitutionnelle ou parlementaire.

Didascalie (n.f.) : Indications qui accompagnent le texte tâtral sans faire partie du dialogue: indications de jeu, de mise en scène, de décor. Dans le théâtre contemporain, elles sont parfois très nombreuses.

Discours rapporté (n.m.) : Intrusion de paroles dans le récit. Le discours peut être rapporté de trois manières différentes: le discours direct rapporte les paroles

comme elles ont été prononcées (on l'identifie aux guillemets) ; le discours indirect s'intègre au récit par le biais d'un verbe de déclaration (dire, raconter, rapporter .. .) ; le discours indirect libre, le plus difficile à identifier, rapporte des paroles sans les guillemets, à la troisième personne, mais sans subordination. Il est parfois impossible de le différencier du récit.

Docte (n.m.) : Au XVIIe siècle, ce terme désignait les érudits et les savants qui déterminaient les règles à suivre, les normes à respecter en matière de création littéraire.

 

E

Égérie (n.f.) : Nom d'une nymphe dont on rapporte qu'elle inspirait le roi latin mythique Numa Pompilius. Communément, ce mot désigne la conseillère d'un homme politique ou l'inspiratrice d'un artiste.

Encyclopédiste (n.m.) : En relation avec l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, ce terme désigne les philosophes qui ont participé au projet, dans un esprit d'enseignement et de contestation.

Énonciation (n.f.) : Conditions dans lesquelles est produit un énoncé (texte écrit ou oral). Analyser l'énonciation, c'est se demander qui parle, à qui, et analyser le contexte (lieux, moments, circonstances). Le sens d'un message dépend en effet de ces différents éléments.

Épicurisme (n.m.) : École philosophique de l'Antiquité dont Ies repsentants étaient mocrite et Epicure. La philosophie épicurienne prônait l'athéisme (le refus de toute forme d'existence de dieux). Elle expliquait le monde par la théorie des atomes. Elle enseignait aussi de profiter du temps présent, idée reprise par les ptes de la Piade à travers la devise empruntée au poète Horace Carpe diem (« Cueille le jour »).

Épique (adj.) . Voir Épopée.

Épistolaire (adj.) : Cet adjectif formé sur le mot latin epistula caractérise ce qui appartient à la correspondance, à l'échange de lettres. On parle de genre épistolaire. Celui qui écrit une lettre est appelé un épistolier.

Épopée (n.f.) : Genre littéraire qui rapporte les exploits de héros surhumains confrontés à des difficultés hors du commun. En vers ou en prose, l'épopée est narrative et souvent historique. Exemples célèbres:  L'Iliade et L'Odyse d'Homère, L'Énéide de Virgile, La Chanson de Roland, La Légende des siècles de Victor Hugo. L'épopée et la tonalité épique sont caractérisées par l'emploi d'hyperboles, le grand nombre, la schématisation des situations et des personnages et par leur portée symbolique.

Esprit d'examen (n.m.) : Désigne, au XVIIIe siècle, une attitude intellectuelle qui consiste à observer, analyser, examiner un fait ou une situation avant de les juger. Cette démarche vise à lutter contre les préjugés et contre le principe d'autorité; elle s'apparente à la démarche expérimentale.

Esthétique (n.f.) : Analyse du beau et de ses critères. Par extension, on parle de l’esthétique d’un artiste pour définir la manière dont il perçoit et met en jeu la notion de " beau" dans son œuvre.

Ethnocentrisme (n.m.) : Forsur le mot grec ethnos, qui signifie race, peuple. Attitude qui consiste à penser que le groupe auquel on appartient posde les seules valeurs acceptables. On parle ainsi d'ethnocentrisme des Occidentaux par rapport aux peuples découverts au XVIe siècle. En s'interrogeant sur la notion de barbarie, Montaigne, mais aussi H. Michaux, C. Lévi-Strauss ou M. Leiris noncent le caractère intolérant de l'ethnocentrisme.

Évangélisme (n.m.) : Doctrine religieuse prônant le retour aux enseignements de l'Évangile. Le mouvement, né au XVIe siècle, a été représenté en France par l'humaniste Lefèvre d'Étaples. L'Évanlisme s'inscrit dans une perspective de protestation contre les déviations de l'Église et rejoint les démarches de Luther et de Calvin.

Existentialisme (n.m.) : Mouvement philosophique et littéraire du xx' siècle dont le chef de file fut Sartre. Ce mouvement se développa surtout après la Seconde Guerre mondiale. Il repose sur l'idée que l'homme, libre de toute emprise religieuse, doit se faire lui-même par son expérience et par l'exercice de sa propre liberté. Cette théorie est synttisée par la formule sartrienne: L'existence précède l'essence.

 

F

Fâcheux (adj. et n.m.) : Au XVIIe siècle, ce terme désignait les personnalités qui assistaient aux repsentations théâtrales sur la scène même. Par extension, le terme est employé pour toute personne se trouvant dans une situation qui gêne les autres. Il a pour synonyme " importun ".

Fermiers généraux (n.pl.) : Expression employée sous l'Ancien Régime pour désigner les financiers chargés de collecter et de verser au pouvoir royal les impôts. Beaucoup de ces financiers s'enrichirent aux dépens des contribuables: ils conservaient la différence entre ce qu'ils avaient réellement collecté et ce qu'ils devaient verser au roi. C'est ce qui explique leur mauvaise réputation.

Focalisation (n.f.) : Terme de linguistique utilipour finir qui voit une scène ou qui perçoit une situation. On distingue trois sortes de focalisation. Lorsque le narrateur est omniscient, sait et voit tout, peut tout prévoir, on parle de focalisation zéro. Lorsqu'une scène est vue à travers la sensibilité d'un personnage, on parle de focalisation interne. Lorsqu'enfin le narrateur est un simple observateur objectif, on parle de focalisation externe.

Fonction du langage (n.f.) : Les travaux du linguiste Jakobson ont terminé que toute situation de communication met en jeu 6 éléments et qu'à chacun d'eux correspond une fonction particulière du langage: 

    * Fonction référentielle (ou dénotative) : le message est centré sur le référent, le sujet même du message. Le langage décrit le monde ; il s’agit bien souvent de la fonction primordiale du langage.

    * Fonction expressive (ou émotive) : le message est centré sur l’émetteur.

    * Fonction conative : le message est centré sur le destinataire. Il peut s’agir d’un message performatif : le message peut faire naître un certain comportement chez l’interlocuteur.

    * Fonction métalinguistique : le message est centré sur le langage. Le langage sert à parler de lui-même. Les usagers habituels de la fonction métalinguistique du langage sont, par exemple, les linguistes. D’autres signes appartiennent à cette fonction comme « je veux dire… », « c’est-à-dire », « en d’autres termes… », etc.

    * Fonction phatique : le message cherche à établir ou à maintenir le contact. « Allô ? », « n’est-ce pas ? », etc. relèvent de la fonction phatique du langage.

    * Fonction poétique : le message est centré sur lui-même, sur sa forme esthétique. Le langage joue sur son propre code.

    * Remarque : plusieurs fonctions interviennent en même temps dans la langue.

 

H

 

Hermétisme (n.m.) : Caractère de ce qui est difficile à comprendre. On parle de " poésie hermétique" lorsqu'un lecteur ne peut pas déterminer, a priori, le sens clair et immédiat d'un texte. L'hermétisme peut venir de figures d'analogie, de termes complexes ou de structures syntaxiques inhabituelles.

Historiographe (n.m.) : Celui qui est chargé par un prince ou un chef d'Etat d'écrire l'histoire de son règne. Racine et Boileau furent les historiographes de Louis XIV.

Humanisme (n.m.) : Courant culturel (philosophie, littérature, arts plastiques) qui fait de l'homme le centre de ses préoccupations et qui le considère comme valeur suprême. On parle d'humanisme à l'époque de la Renaissance, mais également au XVIIIe siècle. On peut dire aussi des recherches de Sartre (Existentialisme) et de Camus (philosophie de l'Absurde) qu'elles s'orientent vers un humanisme.

Hydropathes (n.m.) : Nom d'une sorte de club fantaisiste et provocateur regroupant des poètes et des écrivains de la deuxième moitié du XIXe siècle, parmi lesquels Cros et Rimbaud. Parallèlement aux " hydropathes ", existaient aussi les "zutistes" et les" vilains bonshommes".

Hyperbole (n.f.) : Figure de rhétorique qui exprime l'exagération, l'amplification. Jouant sur les superlatifs, sur les pluriels, sur les termes marquant l'intensification, l'hyperbole est particulièrement utilisée dans la tonalité épique.

Idéologues (n.m.) : Groupe de penseurs de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, tels Destutt de Tracy et Cabanis, qui se situent dans la ligne de pensée du philosophe Condillac.

Inconscient collectif (n.m.) : Ensemble de croyances, d'images, de mythes appartenant à un groupe et fondant certaines de ses valeurs.

Introspection (n.f.) : Action de regarder à l'intérieur de soi: auto-analyse, observation de soi-même, explication de ses propres sentiments et de ses comportements.

Ironie (n.f.) : On définit en général l'ironie, en disant que c'est une manière d'affirmer le contraire de ce que l'on veut faire comprendre. L'ironie utilise donc des procédés comme l'antithèse ou l'antiphrase. Par exemple, Voltaire est ironique lorsqu'il affecte de traiter la torture comme un « passe-temps » dans l’article « Torture ». L'ironie est une arme importante de la critique philosophique: en étonnant, en créant distorsions et décalages, elle fait réagir, réfléchir et modifie les manières de penser conventionnelles.

 

J

Jacobin (n.m.) : Sous la Révolution, membre d'un groupe qui se réunissait dans un ancien couvent de Jacobins (ordre des Dominicains). Le mot signifie depuis: " démocrate, partisan d'un régime démocratique centralisé".

Jansénisme (n.m.) : Doctrine religieuse de l'évêque Jansénius (1585-1638), auteur d'un ouvrage théologique, l'Augustinus. Selon les croyances jansénistes, seuls des élus prédestinés (déterminés à l'avance) peuvent envisager d'accéder à la vie éternelle. C'est ce que l'on appelle la Prédestination. Les jansénistes furent condamnés à la lois par le pouvoir religieux et par le pouvoir royal. En 1710, Louis XIV fit détruire l'abbaye de Port-Royal, où ils se réunissaient. Pendant tout le XVIIIe siècle, les jansénistes, dont le mouvement persistait, s'opposèrent aux jésuites.

 

L

Libertin (n. et adj.) : Mouvement de pensée représenté surtout au XVIIe et au XVIIIe siècle et caractérisé par le refus des règles morales, religieuses et sociales traditionnelles. Dans Dom Juan, Molière met en scène un homme qui ne respecte ni Dieu ni les conventions sociales (le mariage, par exemple). Les personnages de Laclos (Les Liaisons dangereuses) sont aussi des libertins. Par extension de sens, le terme désigne ceux qui mènent une vie dissolue.

Lyrisme (n.m.) : Expression des sentiments et des émotions. Le mot vient de l'instrument de musique, la lyre, dont Orphée accompagnait ses chants. On dira d'un texte qu'il appartient à la tonalité lyrique s'il exprime l'affectivité. Le lyrisme caractérise particulièrement la poésie de la Pléiade ou la poésie romantique. On trouve également cette tonalité au théâtre et dans les romans. On parle de lyrisme élégiaque lorsqu'il s'agit de sentiments de chagrin, de tristesse, d'amertume, de regret.

 

M

Matérialisme (n.m.) : Conception philosophique qui affirme que toute réalité est matérielle. L'adjectif matérialiste caractérise celui qui croit que l'origine du monde relève de la matière et se trouve ainsi explicable scientifiquement. Le terme s'applique, dans un sens plus général, à celui qui s'intéresse surtout aux biens matériels.

Maxime (n.f.) : Formule brève et bien frappée qui énonce une vérité qui se veut générale. Elle s'apparente ainsi au proverbe. Les Maximes de La Rochefoucauld sont célèbres. Au XVIIe siècle, dans les salons précieux, un jeu littéraire consistait à composer des maximes.

Métrique (n.f.) : Science qui étudie la manière dont sont formés les vers (nombre de syllabes accentuées, disposition des coupes, rythmes, regroupement en strophes).

Mystère (n.m.) : Au Moyen Âge, pièce de théâtre mettant en scène des épisodes des deux Testaments, joués souvent sur le parvis des églises ou des cathédrales.

Mythe (n.m.) : Récit légendaire se transmettant oralement, avec parfois une origine historique. Le mythe confronte des êtres humains ou des héros surhumains à  des forces de la nature incarnées par des divinités. Les mythes ont une vocation explicative: ils sont en relation avec des situations ou des croyances qui reflètent les grandes interrogations humaines. L'ensemble des mythes (Orphée, Œdipe, Prométhée, Faust, Don Juan), qu'ils soient ou non spécifiques à une époque ou à une civilisation, constitue la mythologie.

 

N

Naturalisme (n.m.) : Courant littéraire de la deuxième moitié du XIXe siècle et représenté essentiellement par Zola et les frères Goncourt. Le Naturalisme affirme la volonté de traduire la nature à travers la littérature, sous une forme scientifique, de manière expérimentale. Ses théories émanent de l'ouvrage de Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale. La série des Rougon-Macquart illustre la démarche naturaliste, qui vise à expliquer les comportements sociaux par l'hérédité.

Noblesse de robe (n.f.): Désigne, dans l'aristocratie traditionnelle française, les bourgeois anoblis grâce aux charges ou fonctions exercées.

Nouveau roman (n.m.) : Ensemble d'œuvres romanesques des années 1950/1960 qui s'efforçaient de se différencier du roman traditionnel en refusant à la fois la notion de personnage, d'intrigue et de narrateur au profit d'une présentation très précise de la réalité à travers des descriptions, de l'évocation rapide des états de conscience, et d'une sorte de brouillage du réel. Ses principaux représentants sont Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, M. Duras, Nathalie Sarraute, Claude Simon.

 

o

Occurrence (n.f.) : Emploi ou apparition d'un terme dans un texte.

Ode (n.f.) : Poème consacré à la célébration d'un objet, d'un être, d'une notion. A l'origine, l'ode était destinée à être mise en musique.

Onirisme (n.m.) : État de rêverie, tonalité associée au rêve. On parle d'onirisme lorsqu'un texte littéraire fait référence à des rêves créant une atmosphère de fantasmagorie et de songes.

Orphée (n.pr.) : Le premier des poètes, capable, selon la légende, de charmer la nature et les bêtes sauvages, par la magie de ses chants et de sa poésie. Orphée est associé à un mythe célèbre : ayant perdu Eurydice, sa femme bien-aimée, il obtint des dieux l'autorisation d'aller la rechercher aux Enfers. Mais il la perdit de nouveau en ne respectant pas la condition qui lui avait été imposée: ne pas se retourner pour la regarder avant d'être revenu à la lumière du jour. Orphée incarne le poète par excellence, mage, prophète et magicien.

Oulipo: Formé du début des trois mots suivants: OUvroir de LIttérature POtentielle, ce terme désigne un courant de création poétique des années 1960 animé entre autres par Georges Perec et Raymond Queneau. Le principe de ce mouvement est de composer de la poésie en respectant un nombre important de contraintes (ne pas employer telle lettre, remplacer un mot par un autre, etc.).

 

p

Pamphlet (n.m.) : Texte satirique et violent attaquant une notion, une situation, un être, un objet. En général bref et dense, le pamphlet utilise souvent l'ironie pour railler. Voltaire, par exemple, qui utilisa cette arme contre les jésuites, est un pamphlétaire.

Parnasse (n.pr.) : Initialement, désigne une montagne de la Grèce, séjour d'Apollon et des Muses selon la mythologie. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, il a été adopté comme nom d'un mouvement poétique (1866-1885 env.) et d'une revue:

Le Parnasse contemporain. Ce mouvement, opposé au Romantisme, accorde une importance primordiale à la forme, privilégiant la doctrine dite de " L'art pour l'art". La poésie doit être travaillée et ciselée comme un bijou; l'inspiration n'est pas personnelle et refuse le lyrisme. Parmi les poètes adeptes de ce courant: Leconte de Lisle, José Maria de Heredia et Théophile Gautier, pourtant d'abord profondément attaché au Romantisme.

Parodie (n.f.) : Imitation caricaturale d'un genre littéraire ou artistique. Faire une parodie de l'épopée, c'est, par exemple, transformer en bouffonneries des exploits surhumains.

Paronomase (n.f.) : Figure du signifiant qui consiste à rapprocher des termes très proches par leurs sonorités, pour créer des effets de confusion. Le vers suivant:

Car l'amour est amer et la mer est amère est construit sur plusieurs paronomases, qui combinent allitérations et assonances.

Périphrase (n.f.) : Figure qui consiste à remplacer un mot unique par une expression désignant la même chose. On dira ainsi le siècle des Lumières pour le XVIIIe siècle, la ville lumière pour Paris, la ville éternelle pour Rome. La périphrase a différentes utilisations. L'une consiste à ne pas citer volontairement un terme en faisant semblant de ne pas le connaître. C'est ce que fait l'auteur persan de la Lettre persane 30 lorsqu'il parle d'un chapelet.

Pétrarquisme (n.m.) : Courant poétique inspiré de l'œuvre du poète italien Pétrarque (1304-1374). Le mot s'applique aussi bien aux thèmes traités (l'amour essentiellement) qu'à la forme, souvent métaphorique.

Picaresque (adj.) : Terme formé sur le mot espagnol picaro qui désigne un aventurier, plutôt mauvais garçon, qui vit au jour le jour et dont les ressources peuvent aussi bien provenir de tâches honnêtes que de larcins divers. L'adjectif s'applique à des romans qui mettent en scène ce personnage, et que l'on trouve surtout au XVIIIe siècle. Le héros de Lesage, Gil Blas de Santillane et le roman qui porte son nom, illustrent ce genre.

Platonisme (n.m.) : Mouvement philosophique de l'Antiquité selon lequel la réalité n'est que la représentation d'un monde idéal. On retrouve des traces de cette théorie dans la poésie de la Pléiade et dans les conceptions poétiques de Baudelaire et du Symbolisme.

Pléiade (n.pr.) : Groupe de sept poètes d'Alexandrie au IIIe siècle av. J.-C. Au XVIe, un groupe d'autres poètes, d'abord rassemblés dans la " Brigade ", sous la conduite de l'humaniste Dorat, prirent le même nom, qui est celui d'une constellation. Parmi eux, figuraient du Bellay et Ronsard.

Polémique (n.f. et adj.) : Ce terme caractérise ce qui relève du combat. On parle de la littérature polémique lorsqu'elle dénonce. C'est souvent le ton adopté par la littérature engagée.

Port-Royal (n.pr.) : Abbaye située dans la vallée de Chevreuse et qui était le centre du jansénisme au XVIIe siècle. Elle fut détruite en 1710 sur l'ordre de Louis XIV qui jugeait que la présence d'un courant religieux dissident constituait un danger pour le royaume et pour sa propre autorité.

Positivisme (n.m.) Courant philosophique du XIXe siècle animé par Auguste Comte, auteur d'un Cours de philosophie positive. Le positivisme peut se définir comme une croyance indéfectible dans les sciences, jugées capables de résoudre tous les maux de l'humanité et de faire le bonheur des hommes. Le Naturalisme constitue l'application littéraire du Positivisme, tandis que le Romantisme constitue un mouvement opposé.

Préciosité (n.f.) : Courant culturel du XVIIe siècle succédant au Baroque et précédant le Classicisme. La Préciosité se caractérise par une recherche parfois excessive du langage, qui utilise de très nombreuses hyperboles, périphrases jusqu'à devenir incompréhensible. Initialement créée en réaction à la grossièreté des mœurs de l'époque, la Préciosité dégénéra parfois d'une telle façon que Molière mit en scène ses ridicules.

 

Q

Quiétisme (n.m.) : Doctrine mystique selon laquelle la perfection chrétienne réside dans l'amour de Dieu et la tranquillité passive de l'âme. Répandue en France au XVIIe siècle et défendue par Fénelon, cette doctrine fut combattue par Bossuet.

 

R

Rationalisme (n.m.) : Doctrine philosophique qui voit dans la raison l'origine de toute chose.

Réalisme (n.m.) : Doctrine littéraire et picturale du XIXe siècle selon laquelle tout ce qui existe dans la nature, dans le réel, peut être représenté par l'art, sans passer par une recherche d'embellissement ou d'idéalisation. Le premier peintre dit réaliste fut Courbet. En littérature, Balzac, puis Flaubert, furent considérés comme réalistes lorsqu'ils choisirent comme thèmes romanesques la vie de personnages appartenant à l'humanité commune. C'est grâce au Réalisme que les ouvriers "entrèrent" dans la littérature. Dans la préface de Pierre et Jean, intitulée Le Roman, Maupassant définit la démarche du romancier réaliste.

Regard étranger (n.m.) : Principe en littérature qui consiste à montrer une réalité à travers le regard de quelqu'un qui, parce qu'il est étranger, ne reconnaît pas ce qu'il voit. C'est le principe adopté par La Bruyère dans sa présentation de la cour et de Montesquieu dans les Lettres persanes. Le regard étonné et les présentations naïves sont surprenants et finissent par piquer la curiosité des lecteurs français. L'objectif est la réflexion, la critique, la remise en cause.

Renaissance (n.pr.) Nom donné au XVIe  siècle français et à l'époque antérieure en Italie (Quattrocento) à cause du renouveau de la pensée et des arts. Cette période est en effet marquée par les grandes découvertes et par une remise en question des acquis antérieurs.

Rhétoriqueurs (Grands) (n.m.) : Nom que se donnaient certains poètes de la fin du Moyen Âge, qui composaient une poésie caractérisée par sa virtuosité (nombre réduit de rimes, nombreux jeux de mots, paronomases) et son raffinement formel.

Romantisme (n.m.) : Courant littéraire et artistique de la première moitié du XIXe siècle. Le Romantisme, caractérisé par le goût du rêve et de l'évasion, par l'introspection et par le lyrisme, s'explique par une importance nouvelle accordée à la sensibilité, aux élans du cœur. Mouvement de renouveau, il vit se développer la poésie élégiaque et le drame. Ce courant, illustré en peinture par Delacroix et en musique par Berlioz, se définit en s'opposant à la rigueur du siècle classique et au rationalisme du siècle des Lumières.

Rondeau (n.m.) : Poème médiéval à forme fixe composé de 15 vers construits sur deux rimes uniquement. Le rondeau est formé de trois strophes comprenant un refrain formé par le début de la première strophe et réapparaissant à la fin des deux autres.

s

Salon (n.m.) : Lieu où se réunissaient, au XVIIe siècle, les Précieux, et au siècle suivant les Philosophes et les intellectuels. On y discutait littérature, science, morale et on y jouait à des jeux d'esprit comme la composition de maximes.

Satire (n.f.) : Ouvrage littéraire ne répondant pas à une forme ni à une composition particulières, mais ayant comme particularité de critiquer. Du Bellay dans certains sonnets, La Fontaine dans ses fables ont composé des satires sévères de la vie de cour et de la société. L'adjectif qui correspond à ce terme est satirique.

Sceptique (adj. n.m.) : Celui qui suspend son jugement par refus de faire un choix, ou par conviction qu'il est difficile d'arriver à des certitudes. Le Scepticisme est le courant philosophique qui correspond à cette attitude de doute.

Scolastique (n.f.) : Enseignement donné dans les universités de théologie jusqu'à la Renaissance. Associé à l'idée de commentaires complexes et trop savants, de paraphrases et de discours stériles, ce terme a souvent une connotation péjorative. L’enseignement humaniste s’oppose à l’enseignement scolastique représenté par la Sorbonne au XVIe siècle.

Siècle des Lumières (n.m.) : Périphrase désignant le XVIIIe siècle, encore appelé siècle des philosophes. La lumière est celle de la raison, du raisonnement, de l'esprit d'examen.

Sonnet (n.m.) : Poème à forme fixe d'origine italienne. Il se cornpose de 14 vers regroupés en deux quatrains et deux tercets. Les rimes, semblables et embrassées (abba) dans les deux quatrains, se répartissent ensuite de manière variée (ccdeed, ccdede).

Le sonnet, souvent construit sur deux thèmes qui alternent, se termine parfois par une" chute" ou " pointe" inattendue.

Spleen (n.m.) : Terme anglais utilisé au XIXe siècle pour désigner une sorte de mal de vivre qui associe un malaise physique à un état d'âme mélancolique et amer. Ce mot entre dans le titre de la première section de l'œuvre de Baudelaire, Les Fleurs du mal (« Spleen et Idéal »).

Stoïcisme (n.m.) : Courant philosophique de l'Antiquité qui doit son nom au lieu (stoa = le portique) où se réunissaient les premiers stoïciens. Cette doctrine matérialiste, rejetant l'existence des dieux, est aussi caractérisée par le courage et le mépris de la mort. Parmi les philosophes stoïciens, on peut citer Sénèque, Epictète et Marc Aurèle.

Structuralisme (n.m.) : Courant de pensée et d'analyse des sciences humaines des années 1960, dont le chef de file fut Claude Lévi-Strauss. Ce courant repose sur l'idée que les différents fonctionnements humains (langage, inconscient, sociétés, pouvoir. .. ) peuvent se comprendre à partir d'un nombre limité de schémas de base (relations et structures) que seule la science permet de déterminer.

Surnaturalisme (n.m.) : Terme utilisé par Baudelaire pour désigner certaines recherches menées par des poètes comme N8rval, Nodier, Aloysius Bertrand, en marge du Romantisme. Annonçant le Symbolisme, 18 Surnaturalisme tend déjà à l'exploration des rêves, de l'inconscient,

de tout ce qui se trouve en deçà de la sensibilité consciente. Les sonnets des Chimères de Nerval et l'œuvre d'Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, illustrent ce courant.

Surréalisme (n.m.) : Courant culturel qui s'est développé en France et en Europe dans les années 1920 et jusqu'en 1935, mais avec des influences jusque dans les années 1950. Héritier du Dadaïsme, ce courant refus8 toutes les sortes de contraintes dans la création artistique, laissant une large part au hasard et aux surgissements de l'inconscient. Les Surréalistes, sous la conduite d'André Br8ton, auteur du Manifeste du Surréalisme, et d'Aragon, pratiquaient l'écriture automatique, qui consiste à laisser all8r sa pensée à travers le jaillissement spontané des mots.

Symbolisme (n.m.) : Courant littéraire et artistique de la deuxième moitié du XIX' siècle, reposant sur l'idée que la réalité et le monde réel ne sont que les images, les représentations symboliques d'un monde mystérieux, que seul le poète peut déchiffrer. Les analogies, les correspondances (synesthésies) permettent cette exploration au-delà des apparences. Parmi les poètes symbolistes, on peut citer Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Laforgue. Le mouvement est représenté, en peinture, par G. Moreau.

Synesthésie (n.f.) : Correspondances existant entre les perceptions sensibles, couleur et sensation de fraîcheur, par exemple, parfum et perception visuelle, sons et images. Ces "rencontres sensorielles" sont reprises par Baudelaire dans le sonnet des Correspondances.

 

T

Tendre (Carte du) (n.f.) : Représentation " géographique" d'un itinéraire sentimental inventé dans les salons précieux et dont on trouve la trace dans le roman de Mademoiselle de Scudéry, Clélie. Cette carte retrace le chemin (semé d'embûches) à parcourir par les parfaits amants.

Terreur (n.f.) : Dans son sens général, ce terme du vocabulaire affectif désigne un des ressorts de la tragédie. Celle-ci doit plaire, toucher et faire peur pour que s'opère la catharsis. Nom propre situé dans un contexte historiqu8, la Terreur désigne le régime politique instauré par le Gouvernement révolutionnaire de 1793.

Tonalité (n.f.) On parle de tonalité lorsqu'on analyse un texte en disant, par exemple, qu'il est lyrique, pathétique, ironique, épique, tragique. Ces termes se différencient de la notion de g8nre mais se recoupent parfois. Pour les identifier et les analyser.

 

u

Unités (n.f.) : Ce terme fait référence à l'esthétique de la tragédie classique, qui impose le respect de trois unités: celle de lieu (l'intrigue se déroule en un seul endroit), celle de temps (de l'exposition au dénouement, la durée ne doit pas excéder 24 heures), et celle d'action (il ne doit y avoir qu'une seule intrigue). Le drame romantique rejette ces règles au nom de la liberté et de la vie.

Utilitarisme (n.m.) : Théorie selon laquelle tout ce qui existe doit être utile et utilisable. A cette idée s'oppose celle de la gratuité de l'art: ce qui est beau ne sert à rien, n'est pas « utilisable ».

Utopie (n.f.) : Étymologiquement, désigne un lieu qui n'existe pas. L'utopie est une création de l'esprit qui correspond à un idéal. Par exemple, dans l'essai qui porte ce nom (Utopia), l'humaniste anglais T. More, analyse une société aussi idéalisée que celle de l'Abbaye de Thélème de Rabelais, traduisant les espérances et les rêves de la Renaissance.

v

Vaudeville (n.m.) : Comédie légère et divertissante fondée sur les quiproquos et les intrigues amoureuses.

Vénalité (n.f.): Caractère de ce qui est monnayable, qui peut être acheté et vendu. On utilise ce terme dans l'expression vénalité des charges. Il s'agit de la possibilité, sous l'Ancien Régime, d'acheter une fonction et de devenir noble par cet achat.


Z

Zeugma: du grec "joug", figure de style qui fait dépendre d'un même verbe deux compléments, l'un abstrait et l'autre concret (ex.: "vêtu de probilé candide et de lin blanc", Hugo, Booz endormi).

 

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