LE REGISTRE EPIQUE : amplifier des événements
Etymologie : du grec «epos » c’est-à-dire la parole célébrant les exploits souvent guerriers d’un héros.
THEMES
L’état de guerre, la guerre car celle-ci offre l’occasion d’une mise en valeur du courage guerrier.
GENRE
A l’origine, l’épopée s’inscrit dans le genre poétique (Homère), mais on le trouve aussi dans les romans, au théâtre
PROCEDES, CARACTERISTIQUES
L’épique est créé par :
· L’amplification
L’hyperbole
Les métaphores, les superlatifs, les pluriels intensifs, les termes collectifs
La gradation, l’énumération, l’accumulation
Les rythmes croissants ou accumulatifs
L’intervention du surnaturel, du merveilleux
Tous ces procédés travaillent dans le sens de l’élargissement du cadre spatio temporel, de la démesure.
· Le recours aux procédés de la littérature orale
Adresse au public, répétitions de mots, d’expressions
Recours à des « épithètes homériques » type « Ulysse aux mille tours »
· La simplification
La schématisation des personnages, des situations et la présence d’un héros.
Le manichéisme des situations.
Tendant à la simplification, le récit épique s’organise souvent autour de symboles (ou d’épisodes symboliques) qui représentent les valeurs collectives d’une société.
Par exemple, l’épée de Roland, dans la Chanson de Roland, représente l’idéal chrétien et guerrier de la société féodale.
EFFET
Produire sur le lecteur un sentiment d’exaltation.
LE REGISTRE POLEMIQUE : attaquer
Un texte est polémique (du grec « polemos » : guerre, combat) quand il fait état d’un désaccord, d’un conflit entre deux positions adverses sur un même sujet.
THEMES (dans le cas du sujet « écriture d’invention »)
une innovation technique (la télévision, l’informatique…), un comportement social, un mode de vie, les institutions, les lois, le régime politique, un produit culturel (livre, film, exposition…)
PROCEDES, CARACTERISTIQUES
Ce registre se caractérise par tous les procédés visant à attaquer ou à discréditer un adversaire : termes péjoratifs (voire insultes) ; images dévalorisantes, ironie, arguments ad hominem.[1] Il se rapproche donc du registre satirique, mais à la différence de celui-ci, il n’emploie pas seulement l’arme de la moquerie. L’attaque peut être sérieuse.
Dans le cas du sujet « écriture d’invention » :
1. Pour attaquer la cause adverse
Interpellation de l’adversaire par l’apostrophe et l’emploi de « TU » ou « VOUS » en jouant sur le tutoiement et le vouvoiement, l’injure, le sarcasme ;
Le vocabulaire péjoratif, les images dévalorisantes, l’ironie, les arguments ad hominem
La caricature.
2. Pour défendre sa propre cause
Présence forte du « JE » pour montrer l’implication de l’énonciateur ;
Vocabulaire mélioratif (admirable, bienfaiteur, génie) ou affectif (larmes, tendresse…)
La louange (emploi de superlatifs) et l’hyperbole.
Autres procédés :
L’invocation de valeurs morales (honnêteté, courage), sociales (égalité, justice), esthétiques (beau, vrai)
Les procédés de l’indignation : exclamations, anaphores, questions rhétoriques
Rythmes binaires ou ternaires
Les procédés de la provocation : paradoxe, antithèse, exagération, jeu de mots.
Les procédés de l’ironie (cf. « la tonalité ironique »)
[1] Argument ad hominem : appelé aussi argument ad personam, il s’attaque directement à la personne et non plus seulement à ses idées