À la fin du tome I de la seconde livraison d’Un spectacle dans un fauteuil qui contenait Lorenzaccio, Musset donnait en appendice, sous un titre valant indication d’origine: «FRAGMENT DU LIVRE XV / DES / CHRONIQUES FLORENTINES», huit pages en italien évoquant l’assassinat du duc de Florence par Lorenzo de Médicis. Par cet appendice, Musset révélait ainsi la source supposée ou la caution historique de son drame, la Storia fiorentina di Messer Benedetto Varchi, soit l’histoire de Florence entre 1527 et 1538 rédigée par Benedetto Varchi (1503-1565) à la demande même de Côme de Médicis, successeur du duc assassiné, histoire dont l’édition originale fut publiée à Cologne en 1721, et qui connut deux autres éditions, à Leyde en 1723 et à Milan en 1803-1804.
Mais si Musset recourut bien à la chronique de Varchi (dans l’édition de Milan comme l’a montré jadis Léon Lafoscade), sa source essentielle, jamais nommée, est évidemment ailleurs, et la genèse de Lorenzaccio doit tout à la liaison nouée en juin 1833 avec George Sand. On sait qu’au début de cette liaison, George Sand fit cadeau à Musset d’une œuvre intitulée Une conspiration en 1537 dont l’existence n’est connue que depuis 1899. Cette œuvre, qui relevait du genre nouvellement créé au milieu des années 1820 par Ludovic Vitet, le genre de la scène historique consistant à mettre en dialogues, sous forme de scènes ou de tableaux non destinés à la représentation, et sans souci d’unité dramatique, des épisodes de l’histoire, comportait six scènes tirées précisément par George Sand de la Storia fiorentina de Varchi (dans l’édition de Leyde), qu’elle avait probablement découverte par l’Histoire littéraire d’Italie (1811- 1819) de Pierre-Louis Ginguené. C’est en 1831, alors qu’elle était encore sous la coupe de son amant et mentor Jules Sandeau, qu’elle avait composé cette scène historique dont elle écrivait à son ami Émile Regnault: «Je travaille à une sorte de brimborion littéraire et dramatique, noir comme cinquante diables, avec conspiration, bourreau, assassin, coups de poignard, agonie, râle, sang, jurons et malédictions. Il y a de tout ça: ce sera amusant comme tout1.» Les six scènes alors rédigées, et restées à l’état de manuscrit, correspondent à peu près aux scènes suivantes de Lorenzaccio:
1 = I, 4
2 = II, 4
3 = III, 1
4 = IV, 10
5 et 6 = IV, 11
C’est à partir de ces six scènes, largement redécoupées et récrites mais dont il a gardé des répliques parfois littérales, et en recourant à son tour à la Storia fiorentina de Varchi (dans l’édition plus récente de Milan), avec des emprunts aux Mémoires de Cellini et des réminiscences de La Conjuration de Fiesque de Schiller, que Musset a conçu progressivement son drame, comme en témoignent les trois premiers plans conservés (qui ne comportent encore que 21 ou 22 scènes, alors que la version publiée en 1834 en comporte 39).
Le temps de l'action varie entre les trois versions: dans Une conspiration en 1537 de George Sand l'action dure 8 heures, une dizaine de jours chez Musset alors que le bal chez Nasi évoqué à la scène 1 date de janvier 1534, et la mort de Lorenzo de 1548, douze ans après le meurtre selon Varchi.
George Sand Une conspiration de 1537 (Pièce de théâtre écrite en 1831, publiée en 1921)
George Sand ayant offert son oeuvre à Alfred de Musset, il n'y a pas eu d'édition de son vivant. Elle a été publiée pour la première fois en 1921.
Résumé de l'oeuvre
Cet essai dramatique, que George Sand ne prenait pas très au sérieux, a été tiré d'un événement historique rapporté par Benedetto Varchi dans son "Histoire de Florence" : le 6 janvier 1537, Alexandre de Médicis, duc de Florence et tyran, fut assassiné par son cousin Lorenzo de Médicis. Dans l'oeuvre de George Sand, Lorenzo, qui s'est rapproché du duc dans le but de l'abattre et d'interrompre ainsi la tyrannie, a réalisé que la mort du duc ne provoquera pas un changement de régime (George Sand a, elle-même, douloureusement ressenti l'échec de la Révolution de 1830). Il est totalement désabusé et déçu par l'humanité toute entière. Il tue cependant le duc lorsque ce dernier a la prétention d'acheter sa soeur, Catterina. George Sand ne publia jamais cette oeuvre et en fit don à Alfred de Musset qui s'en servit pour écrire "Lorenzaccio".
Un des thèmes essentiels de la pièce de Musset semble aussi avoir trouvé son origine dans cet extrait de l'Histoire littéraire d’Italie de Ginguené (1811):
«Brutus contrefaisant l’insensé pour tromper la tyrannie, et se résignant à servir de jouet aux fils de Tarquin, le [Machiavel] conduit [...] à conseiller aux ennemis secrets d’un prince, qui ne sont pas assez forts pour l’attaquer ouvertement, de s’insinuer adroitement dans son amitié, d’épier ses goûts, de prendre part à ses plaisirs, moyen dou- blement avantageux, dit-il, puisqu’il vous fait partager sans aucun risque la vie agréable du prince, et qu’ensuite il vous procure l’occasion favorable pour vous venger de lui. Ce moyen fut celui que Lorenzaccio employa quelques années après pour assassiner son cousin le duc Alexandre de Médicis1».
Musset démontre au contraire tout ce qu’on risque à jouer les fous, ou les débauchés, mais c’est à travers ce rôle de débauché qui finit par lui coller à la peau que Lorenzo découvre la vérité profonde de son être et de l’humanité tout entière.
Autre texte inspiré de la même anecdote historique.
Marguerite
de NAVARRE L'HEPTAMERON (1559) Deuxième journée,
douzième nouvelle
(orthographe non
modernisée) (texte intégral ci-dessous)
Le duc de Florence, n'ayant jamais peu faire entendre à une dame l'affection qu'il luy portoit, se decouvrit à un gentil homme frere d'elle, et le pria l'en faire jouyr : ce qu'après plusieurs remontrances au contraire, luy accorda de bouche seulement; car il le tua dedans son lit, à l'heure qu'il esperoit avoir victoire de celle qu'il avoit estimée invincible. Et ainsi, delivrant sa patrie d'un tel tyran, sauva sa vie et l'honneur de sa maison.
Depuis dix ans en ça, en la ville de Florence, y avoit un duc de la maison de
Medicis, lequel avoit espousé madame Marguerite, fille bastarde de l'Empereur.
Et, pour ce qu'elle estoit encores si jeune, qu'il ne luy estoit licite de
coucher avecq elle, actendant son aage plus meur, la traicta fort doulcement;
car, pour l'espargner, fut amoureux de quelques autres dames de la ville que la
nuict il alloit veoir, tandis que sa femme dormoit. Entre autres, le fut d'une
fort belle, saige et honneste dame, laquelle estoit seur d'un gentil homme que
le duc aymoit comme luy-mesme, et auquel il donnoit tant d'autorité en sa
maison, que sa parolle estoit obeye et craincte comme celle du duc. Et n'y
avoit secret en son cueur qu'il ne luy declarast, en sorte que l'on le pouvoit
nommer le second luy-mesmes.
Et voyant le duc sa seur estre tant femme de bien qu'il n'avoit
moien de luy declairer l'amour qu'il luy portoit, après avoir cherché toutes
occasions à luy possibles, vint à ce gentil homme qu'il aymoit tant, en luy
disant : « S'il y avoit chose en ce monde, mon amy, que je ne voulsisse faire
pour vous, je craindrois à vous declarer ma fantaisye, et encores plus à vous
prier m'y estre aydant. Mais je vous porte tant d'amour, que, si j'avois femme,
mere ou fille qui peust servir à saulver vostre vie, je les y emploirois,
plustost que de vous laisser mourir en torment; et j'estime que l'amour que vous
me portez est reciprocque à la mienne; et que si moy, qui suys vostre maistre,
vous portois telle affection, que pour le moins ne la sçauriez porter moindre.
Parquoy, je vous declaireray un secret, dont le taire me met en l'estat que
vous voyez, duquel je n'espere amandement que par la mort ou par le service que
vous me pouvez faire.»
Le gentil homme, oyant les raisons de son maistre, et voyant son
visaige non fainct, tout baigné de larmes, en eut si grande compassion, qu'il
luy dist : « Monsieur, je suis vostre creature; tout le bien et l'honneur que
j'ay en ce monde vient de vous : vous pouvez parler à moy comme à vostre ame,
estant seur que ce qui sera en ma puissance est en vos mains.» A l'heure, le
duc commença à luy declairer l'amour qu'il portoit à sa seur, qui estoit si
grande et si forte, que, si par son moyen n'en avoit la jouissance, il ne
voyoit pas qu'il peust vivre longuement. Car il sçavoit bien que envers elle
prieres ne presens ne servoient de riens. Parquoy, il le pria que, s'il aymoit
sa vie autant que luy la sienne, luy trouvast moyen de luy faire recouvrer le
bien que sans luy il n'esperoit jamais d'avoir. Le frere, qui aymoit sa seur et
l'honneur de sa maison plus que le plaisir du duc, luy voulut faire quelque
remonstrance, luy suppliant en tous autres endroictz l'employer, horsmys en une
chose si cruelle à luy, que de pourchasser le deshonneur de son sang; et que
son sang, son cueur ne son honneur ne se povoient accorder à luy faire ce
service. Le duc, tout enflambé d'un courroux importable, mint le doigt à ses
dentz, se mordant l'ungle, et luy respondit par une grande fureur : « Or bien,
puisque je ne treuve en vous nulle amityé, je sçay que j'ay à faire.» Le gentil
homme, congnoissant la cruaulté de son maistre, eut craincte et luy dist: « Mon
seigneur, puis qu'il vous plaist, je parleray à elle et vous diray sa reponse.»
Le duc luy respondit, en se departant : « Si vous aymez ma vie, aussi feray-je
la vostre.»
Le gentil homme entendit bien que ceste parolle vouloit dire. Et
fut ung jour ou deux sans veoir le duc, pensant à ce qu'il avoit à faire. D'un
costé, luy venoit au devant l'obligation qu'il devoit à son maistre, les biens
et les honneurs qu'il avoit receuz de luy; de l'autre costé, l'honneur de sa
maison, l'honnesteté et chasteté de sa seur, qu'il sçavoit bien jamais ne se
consentir à telle meschanceté, si par sa tromperie elle n'estoit prinse ou par
force; chose si estrange que à jamays luy et les siens en seroient diffamez. Si
print conclusion de ce different, qu'il aymoit mieulx mourir que de faire ung
si meschant tour à sa seur, l'une des plus femmes de bien qui fust en toute
l'Italie; mais que plustost debvoit delivrer sa patrye d'un tel tyran, qui par
force vouloit mettre une telle tache en sa maison; car il tenoit tout asseuré
que, sans faire mourir le duc, la vie de luy et des siens n'estoit pas
asseurée. Parquoy, sans en parler à sa seur, ny à creature du monde, delibera
de saulver sa vie et venger sa honte par ung mesme moyen. Et, au bout de deux
jours, s'en vint au duc et luy dist comme il avoit tant bien practicqué sa
seur, non sans grande peyne, que à la fin elle s'estoit consentye à faire sa
volunté, pourveu qu'il luy pleust tenir la chose si secrette, que nul que son
frere n'en eust congnoissance.
Le duc, qui desiroit ceste nouvelle, la creut facillement. Et, en
ambrassant le messaigier, luy promectoit tout ce qu'il luy sçauroit demander;
le pria de bien tost executer son entreprinse, et prindrent le jour ensemble.
Si le duc fut ayse, il ne le fault poinct demander. Et, quand il veid approcher
la nuict tant desirée où il esperoit avoir la victoire de celle qu'il avoit
estimée invincible, se retira de bonne heure avecq ce gentil homme tout seul;
et n'oblia pas de s'acoustrer de coeffes et chemises perfumées le mieulx qu'il
luy fut possible. Et, quant chascun fut retiré, s'en alla avecq ce gentil homme
au logis de sa dame, où il arriva en une chambre bien fort en ordre. Le gentil
homme le despouilla de sa robbe de nuict et le meyt dedans le lict, en luy
disant : « Mon seigneur, je vous vois querir celle qui n'entrera pas en ceste
chambre sans rougir; mais j'espere que, avant le matin, elle sera asseurée de
vous.» Il laissa le duc et s'en alla en sa chambre, où il ne trouva que ung
seul homme de ses gens, auquel il dist : « Aurois-tu bien le cueur de me suyvre
en ung lieu où je me veulx venger du plus grand ennemy que j'aye en ce monde ?
» L'autre, ignorant ce qu'il vouloit faire, luy respondit : « Ouy, Monsieur,
fust-ce contre le duc mesmes.» A l'heure le gentil homme le mena si soubdain,
qu'il n'eut loisir de prendre autres armes que ung poignart qu'il avoit. Et,
quant le duc l'ouyt revenir, pensant qu'il luy amenast celle qu'il aymoit tant,
ouvrir son rideau et ses oeilz, pour regarder et recepvoir le bien qu'il avoit
tant actendu; mais, en lieu de veoir celle dont il esperoit la conservation de
sa vie,va veoir la precipitation de sa mort, qui estoit une espée toute nue que
le gentil homme avoit tirée, de laquelle il frappa le duc qui estoit tout en
chemise; lequel, denué d'armes et non de cueur, se mest en son seant, dedans le
lict, et print le gentil homme à travers le corps, en luy disant : « Est-ce cy
la promesse que vous me tenez ? » Et, voiant qu'il n'avoit autres armes que les
dentz et les ongles, mordit le gentil homme au poulce, et à force de bras se
defendit, tant que tous deux tomberent en la ruelle du lict. Le gentil homme,
qui n'estoit trop asseuré, appela son serviteur; lequel, trouvant le duc et son
maistre si liez ensemble qu'il ne sçavoit lequel choisir, les tira tous deux
par les piedz, au milieu de la place, et avecq son poignard s'essaya à couper
la gorge du duc, lequel se defendit jusques ad ce que la perte de son sang le
rendist si foible qu'il n'en povoit plus. Alors le gentil homme et son serviteur
le meirent dans son lict, ou à coups de poignart le paracheverent de tuer. Puis
tirans le rideau, s'en allerent et enfermerent le corps mort en la chambre.
Et, quant il se veid victorieux de son grand ennemy, par la mort
duquel il pensoit mettre en liberté la chose publicque, se pensa que son euvre
seroit imparfaict, s'il n'en faisoit autant à cinq ou six de ceulx qui estoient
les prochains du duc. Et, pour en venir à fin, dist à son serviteur, qu'il les
allast querir l'un après l'autre, pour en faire comme il avoit faict au duc.
Mais le serviteur, qui n'estoit ne hardy ne fol, luy dist : « Il me semble,
monsieur, que vous en avez assez faict pour ceste heure, et que vous ferez
mieulx de penser à saulver vostre vie, que de la vouloir oster à aultres. Car,
si nous demeurions autant à deffaire chascun d'eulx, que nous avons faict à
deffaire le duc, le jour descouvriroit plustost nostre entreprinse, que ne
l'aurions mise à fin, encores que nous trouvassions noz ennemys sans deffense.»
Le gentil homme, la mauvaise conscience duquel le rendoit crainctif, creut son
serviteur, et, le menant seul avecq luy, s'en alla à ung evesque qui avoit la
charge de faire ouvrir les portes de la ville et commander aux postes. Ce
gentil homme luy dist : « J'ay eu ce soir des nouvelle que ung mien frere est à
l'article de la mort; je viens de demander mon congé au duc, lequel le m'a
donné: parquoy, je vous prie mander aux postes me bailler deux bons chevaulx,
et au portier de la ville m'ouvrir.» L'evesque, qui n'estimoit moins sa priere
que le commandement du duc son maistre, luy bailla incontinant ung bulletin,
par la vertu duquel la porte luy fut ouverte et les chevaulx baillez, ainsi
qu'il demandoit. Et, en lieu d'aller voir son frere, s'en alla droict à Venise,
où il se feyt guerir des morsures que le duc luy avoit faictes, puis s'en alla
en Turquie.
Le matin, tous les serviteurs du duc, qui le voyoient si tard demorer à
revenir, soupsonnerent bien qu'il estoit allé veoir quelque dame; mais, voyans
qu'il demeuroit tant, commencerent à le chercher par tous costez. La pauvre
duchesse, qui commençoit fort à l'aymer, sçachant qu'on ne le trouvoit poinct,
fut en grande peyne. Mais, quant le gentil homme qu'il aymoit tant ne fut veu
non plus que luy, on alla en sa maison le chercher. Et, trouvant du sang à la
porte de sa chambre, l'on entra dedans; mais il n'y eut homme ne serviteur qui
en sceust dire nouvelles. Et, suivans les trasses du sang, vindrent les pauvres
serviteurs du duc à la porte de la chambre où il estoit qu'ilz trouverent
fermée; mais bien tost eurent rompu l'huys. Et, voyans la place toute plaine de
sang, tirerent le rideau du lict et trouverent le pauvre corps, endormy, en son
lict, du dormir sans fin. Vous pouvez penser quel deuil menerent ses pauvres
serviteurs, qui apporterent le corps en son pallais, où arriva l'evesque, qui
leur compta comme le gentil homme estoit party la nuict en dilligence, soubz
couleur d'aller veoir son frere. Parquoy fut congneu clairement que c'estoit
luy qui avoit faict ce meurdre. Et fut aussy prouvé que sa pauvre seur jamais
n'en avoit oy parler; laquelle, combien qu'elle fust estonnée du cas advenu, si
est-ce qu'elle en ayma davantaige son frere, qui n'avoit pas espargné le hazard
de sa vie, pour la delivrer d'un si cruel prince ennemy. Et continua de plus en
plus sa vie honneste en ses vertuz, tellement que, combien qu'elle fust pauvre,
pour ce que leur maison fut confisquée, si trouverent sa seur et elle des mariz
autant honnestes hommes et riches qu'il y en eust poinct en Itallie; et ont
toujours depuis vescu en grande et bonne reputation.
« Voylà, mes dames, qui vous doibt bien faire craindre ce petit dieu,
qui prent son plaisir à tormenter autant les princes que les pauvres, et les
fortz que les foibles, et qui les aveuglit jusque là d'oblier Dieu et leur
conscience, et à a fin leur propre vie. Et doibvent bien craindre les princes
et ceulx qui sont en auctorité, de faire desplaisir à moindres que eulx; car il
n'y a nul qui ne puisse nuyre, quand Dieu se veult venger du pecheur, ne si
grand qui sceust mal faire à celuy qui est en sa garde. »